Voyage de solidarité 2013

 

Du 28 septembre au 17 octobre quatre membres de l'association étaient à Bombouaka, au Centre Saint Louis Orione, lieu que nous surnommons "le paradis des Cœurs oubliés".

De jour en jour et en fonction des connections Internet ils ont partagés avec vous photos et commentaires sur les moments forts de la journée.

Samedi 28 septembre

YovoTogo est bien arrivé hier matin à 4h30 à Lomé. Accueilli par Alain Kini nous avons fait quelques courses pour le Centre, et avons partagé notre premier Fufu dans un maquis (petit restaurant) de quartier. Nous avons eu la surprise d'être visité par les Pères Joseph et Ricardo qui furent les successeurs de Maman Margueritte. Un entretien rapide, une photo souvenir mais beaucoup d'émotion. Puis nous avons pris la route du nord en s'arrêtant ca et là faire nos courses "au bord du goudron", ananas, oranges, igname, maïs grillé etc. Venons de passer la nuit à Sokodé. Programme d'aujourd'hui, en route vers Bogou ou nous sommes attendus pour déjeuner puis ... Bombouaka et "Le paradis des cœurs oubliés". 

Dimanche 29 septembre

Arrivée à Bombouaka vers 13h00 après 5 heures de voyage sur le goudron (expression locale) qui se fait de plus en plus rare au fil de notre progression. La conduite est aussi surprenante que les véhicules rencontrés, les bas cotés sont les refuges de poids lourds à bout de souffle qui sont réparés ou rouillent sur place. Chantal compare justement ce spectacle avec la série télé « les chemins de l’impossible ».

Nous sommes attendus à Bogou par le Padré Fabio Antonelli qui depuis cette année cumule l’activité de curé de paroisse  à celle déjà bien remplie de directeur du Centre Don Orione. Un groupe de fillettes vêtus de tenus traditionnelles nous accueillent en dansant  et nous souhaitent « Bonne Arrivée ». L’après midi nous alternons repos et promenade dans le centre accompagnés des enfants n’ayant pas la chance de rejoindre une famille durant les vacances scolaires. Pour ceux qui sont scolarisé la rentrée se fait  le lundi 8, c’est un évènement aussi ici auquel nous aurons plaisir à assister.

La Mission chirurgicale des médecins espagnol de l’O.N.G. Oasis est présente, c’est leur journée de décompression aujourd’hui et les enfants qui vont ou qui viennent de subir une intervention sont présents avec leurs Mamans ou familiers. Nous ouvrons nos valises et la distribution de bonbons et de ballons gonflable commence. Sandrine rencontre une collègue infirmière Allemande qui est venue aider bénévolement. C’est une journée de découverte pour certains, mais une journée de rencontre et d’amitié.

Lundi 30 septembre

Aujourd’hui un temps orageux prédomine, la pluie rafraichie. Journée de travail pour Sandrine qui accompagne Elisabeth pour prodiguer les soins aux patients opérés. Nous ne les verrons qu’épisodiquement durant la journée. Nous faisons le tour des structures du centre. Visite à Jules à la menuiserie, Maxime à l’atelier soudure, Michel le cordonnier, Ferdinand et Barthélémy à l’atelier orthopédique, Cécile aux cuisines.

Nous passons du temps avec les enfants présents, ils sont manifestement très heureux d’avoir de la visite, nous faisons la connaissance de Marco un italien, ami du padré Fabio qui dirige « TogOrione » une association semblable à la notre à Naples. Sont donc présents ici, des Togolais bien sur, des Espagnols, une Allemande, des Italiens et nous les Français. Le drapeau de la Vendée offert l’an passé  a été hissé parmi d’autres à l’entrée du centre en signe de reconnaissance et de bienvenue.

Dans l’après midi Alain Kini nous emmène à l’école maternelle-primaire Catholique voisine du centre ou le travail de réalisation des rampes d’accès destinés aux enfants du centre est en cour d’achèvement.  Le projet initial a été modifié et amélioré en concertation avec les responsables du centre, le directeur de l’école et bien sur l’artisan. La grande rampe prévue initialement prévue a été sacrifiée au profit de trois rampes plus petites situées non pas en remplacement d’escaliers situés à l’endroit le plus élevé de la terrasse, mais en bout de bâtiments, nettement moins haut et donc avec un moindre dévers. De ce fait l’économie de matériaux réalisés permettent la construction de trois rampes au lieu d’une.

Petite phrase entendue : « je dis bonjour plusieurs fois par jour, c’est gratuit »

Mardi 1 er octobre

Toujours impossible de se connecter à internet depuis Bombouaka, il me faut me rendre à Dapaong pour cela.

Ce matin l’équipe chirurgicale m’invite au bloc opératoire pour suivre deux interventions et même les filmer. Ce seront les dernières puisque l’ONG Oasis rejoint demain Ouagadougou (Burkina Faso) d’où elle s’envolera pour l’Espagne.

Après avoir enfilé la tenue de protection qui m’est présentée,  j’assiste donc aux préparations, anesthésies, et opérations de deux patients. Le premier est une fillette de dix ans environ qui présentaient des jambes arquées en (), elle a déjà subit une opération de la jambe droite il y a dix jours au tout début de la mission, elle repasse sur la table d’opération aujourd’hui pour la chambre gauche. Le second est un jeune homme de 25 ans qui possède six orteils à chaque pied, le gros orteil étant doublé, l’intervention consistera à amputer le gros orteil le plus à l’intérieur.

Je passe donc deux heures dans le bloc opératoire en compagnie également d’Yves (séminariste de la Cote d’ivoire) et de Marco (TogOrione) qui aident  à la préparation et transport des patients. Au-delà des gestes techniques qui m’impressionnent fortement, je prends soudainement conscience que sans la beauté de cœur, le dévouement, la générosité de cette équipe, des enfants, des jeunes et des adultes sont condamnés à vivre, enfermés dans les limites de leurs malformations handicapantes.

Je quitte le bloc opératoire à 11h30, et alors que je rends visite à Barthélémy, Ferdinand et Michel à l’atelier orthopédique  j’assiste à l’ajustement, la finition et la livraison d’un appareillage destiné à compenser une jambe deux fois plus courte que l’autre d’une fillette de 6-7 ans. Ferdinand me dit que le papa (qui ne parle pas le français) a passé trois montagnes pour venir en vélo avec sa fille. J’assiste et je filme les premiers pas de cette enfant qui semble ne pas comprendre ce que son papa lui demande avec un enthousiasme non dissimulé : « Se tenir sur ses jambes et marcher ». Une phrase des écritures saintes me vient alors à l’esprit « Lève toi et marche ».

Les filles ont passés la matinée à Dapaong en compagnie d’Alain qui y avait des courses à faire, aucun regret  d’être resté avec la mission chirurgicale puisqu’ils me rapportent qu’il n’y avait encore aucune connexion internet.

En soirée nous assistons à une animation en faveur du départ de la mission et aussi de notre arrivée, sketchs histoire chanson repas et « bal poussière ».

Mercredi 2 octobre

La journée de Claude se résume en une ligne : ne pas s’éloigner des WC ! Et dormir…

Tard hier soir nous avons fait la connaissance de Bissouki, un jeune de 14 ans dernièrement parrainé. C’est un garçon très sympathique, qui a participé aux sketches avec brio. Il projette de passer son BAC et désire travailler dans un ministère des eaux et forêt. Il est très heureux de savoir que quelqu’un l’encourage et participe à ses projets de vie.

Sandrine a travaillée toute la journée en compagnie d’Elisabeth  (infirmière volontaire allemande) aux soins des 30 patients opérés ces dix derniers jours. Théophile, médecin autochtone gère les plâtres, et les filles les pansements. Seuls quelques cas présentent des complications dont un petit garçon ayant subit une chirurgie plastie (fente palatine) et dont les sutures ont lâchées.

Marie Paule et Chantal étaient de corvée de lessive ce matin et cet après midi elles ont jouées avec une dizaine d’adolescents. Elles les ont initiés à des jeux qu’ils avaient amenés dans leur bagage et ont tous, manifestement passé un excellent moment d’échange de rire et de partage.

Petite phrase entendue : « ici tant que l’air entre dans les narines on se plaint pas »

 

Jeudi 3 octobre

Matinée bien remplie, nous avons suivi et filmé Sandrine et Elisabeth dans leur tournée de soins aux patients, prise de température, de tension, distribution des traitements etc…

Ensuite nous avons accompagné les adolescents au champ pour la récolte du maïs, ces jeunes s’acquittent de ces taches avec beaucoup de bonne humeur.

Nous nous sommes ensuite rendu à Yembour village situé à 30 kms de Bombouaka et avons fait une visite surprise à la famille de Thomas, jeune enfant parrainé par l’école Pierre Monnereau de St Martin des Noyers. En fait la famille savait que nous passerions les voir mais ignoraient quand, principalement dans le but qu’ils ne fassent pas de préparatifs et de cérémonials en vue de notre visite. Nous avons parlés un bon moment à l’ombre d’un arbre, la famille de Thomas ne parle pas le français ainsi le guide qui nous a accompagné pour nous indiquer les pistes les moins endommagées par les pluies nous a servi d’interprète. Nous avons prélevé un peut de la terre (rouge) de la maison et une fleur de coton pour l’école Pierre Monnereau. Thomas rejoint le centre dimanche comme tous les enfants pour la rentrée des classes. Photo : Thomas est en jaune, assis sur le banc.

Ce soir, pour le départ d’Elisabeth qui rentre en Allemagne une sortie à Dapaong est programmée, nous devons aller manger dans un restaurant dont la spécialité est le poisson.

J’espère que la connexion internet sera possible pour vous transmettre ces nouvelles…

Petite phrase entendue : « La case d’un ami n’est jamais trop loin »

Vendredi 4 octobre

Comme maintenant tous les jours, nous nous occupons durant la bonne heure de soins que Sandrine prodigue aux trente patients en tout début de matinée et d’après midi aussi. Elisabeth l’infirmière Allemande a quitté le centre ce matin et Sandrine travaille en assistance à Théophile, le médecin du centre..

Ce matin nous nous rendons sur le marché de Bombouaka pour y flâner et y acheter du tissu, il y a de tout, des légumes, des fruits, des poissons fumé ou séché au soleil, des gamelles, des pièces de vélos… l’essentiel des objets proposés sont en provenance de Chine. Ce qui me surprend ce sont les odeurs qui s’alternent en allant que l’on avance dans les allées, le poisson, puis le savon, puis les épices etc..

Dans l’après midi nous nous rendons sur un site culturel qui cherche à préserver la culture Moba, l’ethnie locale. Une association a construit une Soukala qui est le mode de logement traditionnel, ce sont des cases disposées en cercle et  réunies par des murets. Les Mobas vivant sous le régime familial de la polygamie le guide nous explique les bases de l’organisation familiale. Chaque épouse ayant sa case, la case centrale étant réservée au Tchamb’a (le chef de famille) et quelques cases annexes font usage de poulailler ou grenier.

La responsable de « la Soukala » va rassembler quelques danseuses et musiciens du village pour nous faire découvrir dans les prochains jours les danses et musiques traditionnelles.

Ce pays mérite vraiment sa réputation de « Sourire de l’Afrique » tellement l’accueil y et toujours naturel et chaleureux.

Samedi 5 Octobre

Ce matin Chantal et Marie Paule aident Sandrine dans la tournée de médicaments. Nous apprenons que le docteur du centre est un fonctionnaire d’état et que ce fait il ne travaille pas le week-end. Sandrine n’est pas à l’aise avec deux ou trois cas suspects. Gros problème de suturassions, grosses fièvres et grosses douleurs. Le père Fabio est informé et à tout moment ces patients peuvent faire l’objet d’une orientation vers le dispensaire local.

L’aide apportée à Sandrine nous permet de ne pas partir trop tard pour Dapaong ou nous allons rencontrer Douti et son papa et la Maman d’Amélie, deux enfants parrainés. Le rendez vous est à l’antenne Don Orione de Dapaong.

Au passage je constate une fois de plus qu’il n’y a aucun réseau, c'est-à-dire aucune connexion disponible avec la clef 3G qu’Alain me confie. Nous vivons ici avec tellement de d’années de retard que cela en devient fatiguant parfois… Courage et Confiance !

Cerise sur le gâteau la rentrée des classes est reculée d’une semaine suite à un mouvement de grève des enseignants. Et voilà notre planning mis à mal, cela nous apprendra à faire des prévisions en Afrique. Nous devions rencontrer tous les enfants au centre ce lundi 7 octobre et ils ne seront là que pour le lundi 14 alors que nous avions projeté de faire un peu de tourisme en descendant sur Lomé ou nous prenons l’avion du retour le 18 à 4h30.

Nous raccompagnons la Maman d’Amélie chez elle et cela nous permet de la rencontrer. Elle ne change pas, elle vat très bien et a un caractère très affirmé. Son papa étant décédé nous sommes accueillis par son beau père également en situation d’handicap et nous passons un agréable moment d’échange amical et même fraternel.

Dimanche 6 octobre

Nous accompagnons Alain dans ses messes, d’abord à Bogou ou nous découvrons un office religieux riche en musique, en chants africain et en couleurs. Le tambour et le djembé rythme les chants et cantiques avec beaucoup de ferveur. En fait une messe bien différente des nôtres, que nous ne retrouvons qu’à travers les lectures similairement identiques bien qu’adaptées. Seconde messe à Goundoga petit village au pied d’un rocher une douzaine de fillettes en costume dansent durant la célébration.

Nous terminons la matinée en visitant le marché de Nano, y prenons un rafraichissement puis rentrons sur Bombouaka.

Dans l’après midi nous nous rendons à Pligou, un site touristique qui se mérite. Les fortes pluies des dernières semaines ont raviné les sols et l’érosion a transformé les chemins d’accès en petits canyons que seul un 4x4 surélevé  franchirait sans peine. Nous descendons de véhicule à chaque fois qu’il est nécessaire, c'est-à-dire très souvent et terminons par 45 minutes de marche. Pligou est une sorte de village vacances ou l’on peut passer ses nuits dans des cases. Il est situé eu hauteur et domine une grande vallée d’où les cases nous apparaissent comme des jouets de modèle réduits. Le sol est composé de blocs rocheux noirâtres. Ce site a manifestement besoin d’être rénové mais le panorama reste exceptionnel. Notre retour se fait au soleil tombant.

Lundi 7 octobre

Ce matin, dès les soins des patients prodigués par Sandrine et ses assistantes :-) Marco nous conduit à l’hôpital pour enfant St Joseph de Bogou.

Il s’agit en fait d’une structure de pédiatrie tenue par des religieuses, Celle qui nous accueille nous fait visiter les locaux, très bien tenus et d’un excellent état de propreté. Cette congrégation fabrique divers produits naturels selon des recettes artisanales à base de beurre de karité. Ils vendent des baumes pour bébé, crèmes de soins, pommades contre les infections de peaux, des savons liquides aussi et des produits de consommation tel qu’un sirop de citron naturel que nous dégusterons en verre de bienvenue. Cette visite se déroule dans le calme et la sérénité qui caractérise ces lieux tenus par les religieux. Comme à de multiples occasions ici, quelques enfants se laissent aller à quelques pas de danse au son du Djembé omniprésent. Nous achetons nos produits et en commandons certains en rupture de stock pour jeudi. Avant de partir il nous est offert de succulents beignets de bananes plantain servis avec une sauce à base de tomates et de thon. De l’avis général le meilleurs met qu’il nous a été servi ici depuis le début du séjour. 

Nous passons l’après midi au centre, avec les enfants de plus en plus nombreux. Ils rentrent de chez leur famille pour la prochaine rentrée des classes de lundi. Nous prenons du temps avec Thomas, peut à peut sa timidité s’efface et nous le filmons longuement. Demain nous prenons la piste pour tenter de nous rendre chez Sonia, la route serait très difficile selon les informations reçus.

Mardi 8 octobre

Visite ce matin à l’OCDI de Dapaong (Organisation de la Charité pour le Développement Intégral) ou nous avions rendez-vous avec Georges Léne MOUTORE, secrétaire général de la structure. Nous lui avons remis les 100 paires de lunettes et les 400 verres remis par nos partenaires. Cet organisme s’appuie sur le cabinet d’optique de l’hôpital de Dapaong qui, en la personne de César KOUNTOUTI, fabrique les lunettes destinées aux patients courants mais également celles destinées aux pauvres par l’intermédiaire de l’OCDI. Ainsi ce don va rester la disposition de l’OCDI tandis que l’hôpital, à travers le cabinet d’optique « route de lumière » a son stock propre. César KOUNTOUTI nous a ouvert les portes de ses locaux et nous a laissé découvrir ses équipements ancienne génération, offerts il y a quelques années par l’O.N.G. ACCI Espagnole.

Il est fortement envisagé dans ces bonnes conditions de mettre en place des collectes à notre retour et Georges MOUTORE et César KOUNTOUTI nous préciserons leurs besoins spécifiques afin que notre soutient soit ciblé en ce sens.

Nous n’avons pas pu nous rendre au domicile de Sonia, l’état des pistes ne le permettant pas. Nous avons donc rendu visite à Merveille et sa Maman à Dapaong avant que celle-ci ne rejoigne le centre pour la rentrée scolaire de ce lundi

Mercredi 9 octobre

Entre falaises et savanes visite des greniers de Nok et Naproug. C’est un des sites les plus historiques de la région. Il y a quelques siècles, à l’époque de l’esclavagisme, les populations locales, pour se protéger et échapper à un triste sort ont vécus à même la falaise dans des failles dans lesquels ils avaient aménagé des greniers en terre battue. Ce site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Aujourd’hui l’accès se fait par une échelle métallique sécurisé dans une cage. A l’époque le seul accès possible était la liane. De ces grottes un spectaculaire panorama de savanes s’offre à nous.

Nous passons l’après midi au centre en compagnie des enfants qui se font de plus en plus nombreux et nous réceptionnons nos 4 valises de dons laissés en attente à Lomé et acheminé jusqu’à nous par une relation d’Alain.

Jeudi 10 octobre

Visite sur le site Koutammakou à l’est de Kande. Cet Endroit est considéré comme étant l’un des 100 plus beaux sites au monde, classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Le long de la chaine de l’Attacora, à cheval sur le Togo et le Bénin, vivent les Tamberma qui signifie en langage local « ceux qui bâtissent avec la terre ».

A peine 30.000 âmes dans un décor magistral qui allie le vert de la végétation à l’ocre de la terre. Baobabs, montagnes volcaniques, pistes en latérite et grands troupeaux de zébus, représentent le quotidien de ces hommes et femmes dont la particularité est de vivre dans des châteaux de terre. Les Tamberma sont parvenus à préserver leur culture et leurs traditions. Ils sont majoritairement animistes, vénèrent les ancêtres et pratiquent le culte vaudou.

Vendredi 11 octobre

Journée passée au centre en compagnie des enfants. Chantal anime un atelier scoubidou qui a un réel succès. Dans l’après midi une petite fête est organisée par Marie Paule et Claude à l’occasion de leur récent mariage, et une messe de bénédiction est dite par le père Fabio en présence de tous les enfants, adolescent et employé du centre. Des boissons locales ont été confectionnées pour l’occasion, et beaucoup d’enfants et d’adultes resteront danser sur des airs Moba après la tombée de la nuit.

samedi 12 octobre

Nous rendons visite à Abbou, un adulte qui enfant, a été aidé par Maman Margueritte. Cet homme qui a les deux jambes appareillés se déplace à la force des bras à l’aide de deux béquilles balançant ensemble des deux jambes pour avancer. Un fauteuil roulant ne peut lui être d’aucun secours du fait de l’éloignement de son habitation dans la savane, loin du goudron. Deux fois par semaine il se rend à pied au centre (8 kms aller retour) pour apprendre aux enfants des activités manuelles. Abbou nous impressionne par son aptitude à se battre au quotidien pour faire vivre sa famille, il a trois enfants et son épouse est employée par le centre pour des taches ménagères. Après de bons moments de marche sous le soleil nous rejoignons le Toyota mais nous nous embourbons dans une marre qui venait d’être remblayée par un groupe de villageois. En surface le sol semblait praticable mais le véhicule s’est posé comme dans du beurre. Une vingtaine d’homme nous aidera à nous sortir de cette mauvaise situation mais l’arbre de transmission ne résista pas aux manœuvres employées et nous devrons laisser le véhicule sur place

Dimanche 13 octobre

Matinée passée en compagnie des enfants, réactivation de l’atelier « scoubidous » par Chantal et Sandrine. Chaque enfant a pratiquement terminé le sien qu’il gardera bien sur en souvenir. Nous sommes ici a des années lumières de la console de jeux… un rien amuse énormément et c’est plaisant pour nous aussi !

En fin d’après midi les ados organisent un match de football et c’est toujours avec la même stupéfaction que nous regardons les cannes s’entrechoquer et ce ballon évoluer sous l’impulsion de ces membres meurtris. Et pourtant Il ne me viendrait même pas à l’esprit d’entrer dans cette compétition amicale pour essayer de gagner la balle, cela me semble impossible. A cet instant présent je me sens plus handicapé qu’eux. Pour l’occasion une pseudo équipe de France rencontrait l’équipe de Togo, chacune des équipes étant constituée de 5 joueurs plus un gardien de but. La France a battu le Togo 2 – 0.

Lundi 14 octobre

Marco, de TogOrione nous quitte ce matin, il doit être mercredi à Ouagadougou au Burkina Faso pour prendre son avion pour l’Italie.

La rentrée des classes ayant encore été repoussée de deux jours, après le mouvement de grève des enseignants, il est question maintenant de la fête musulmane de la Tabaski (fête du mouton) et donc la rentrée des classes se fera le jour planifié de notre départ… Dommage.

Mais le directeur de l’école catholique de Bombouaka décide de faire venir les enfants du centre pour leur faire découvrir en notre présence les trois rampes d’accès réalisées et financée par l’association. Lors de son discourt Mr Innocent LARE souligne l’importance de cette réalisation. Hormis l’accès d’arrivée et de départ facilité, avant ces rampes un seul de ces enfants qui devait s’absenter pour les toilettes mobilisait 4 adultes. Les rampes sont pratiques et bien adaptées aux besoins. Le directeur de l’école se voit également remettre le contenu de trois valises de documents scolaires de Français de mathématique et de lecture correspondant à ses niveaux.

En soirée, les enfants nous offrent à l’occasion de notre prochain départ un spectacle alternant chansons, danses, sketches et devinettes. Des écriteaux avec messages de remerciements destinés à tous les membres de l’association nous sont présentés. Nous vous les adresserons bien sur !

Petite phrase entendue : « Il a la sécheresse dans sa poche »

Mardi 15 octobre

La première parole du Padré Fabio ce matin de départ est : « Je viens de prier Dieu, qu’il vous porte dans ses mains pour votre retour à la maison, reste à souhaiter qu’il n’applaudisse pas ». Cela nous a fait bien rire.

Après un tour du centre pour dire au revoir aux enfants et aux adolescents nous quittons le Centre Don Orione et prenons la route en direction de Lomé. On fini par s’habituer à voir tous ces semi remorques en panne ou couchés dans les bas cotés tout au long du chemin. Nous arrivons à Sokodé à 14h00 pour déjeuner puis à Atakpamé pour passer la nuit dans une structure d’accueil tenu par l’Evêché de la localité. Le père Alain qui nous raccompagne choisi ces modes d’hébergement qui nous conviennent car ils sont accueillants, sereins, propres et d’un prix équitable, ces lieux gomment la fatigue de la route. Ce soir notre menu se compose d’une demi-pintade avec frites, à laquelle nous ajoutons même une bouteille de Mouton Cadet. Humm ca sent la France !

Mercredi 16 octobre

Nous avons quitté Atakpamé vers 9h00 et sommes à Lomé vers 12h30 pour le déjeuner que nous prenons dans un maquis (restaurant de quartier) Nous passons le début d’après midi à nous imprégner de cette ville bruyante, ou la circulation intense soulève la poussière. Puis nous visitons le village des artisans à la recherche de quelques souvenirs, avant de nous rendre au grand marché de Lomé, à proximité de la cathédrale ou l’ambiance est plutôt tumultueuse. Chaque revendeur appelle le client occidental et parfois on se sentirait à la limite du harcèlement mais bon c’est l’ambiance Africaine et la dérision et l’humour l’emporte.

Jeudi 17 octobre

C’est le dernier jour sur le territoire Togolais, nous continuons nos courses sur Lomé ce matin afin de remplacer dans nos valises le poids les livres de l’aller par des ananas, mangues et fruits de la passion. Alain a quelques courses à faire également pour installer au centre un système d’irrigation devenu indispensable à ses cultures. Nous apprenons que les élèves de collège et de Lycée et terminale font grève pour 3 jours, nous rencontrons d’ailleurs un défilé impressionnant de ces enfants à proximité du port autonome. Cet après midi nous allons flâner sur la plage, puis nous allons expérimenter une pizzeria Togolaise avant de nous coucher. Le décollage est prévu cette nuit à 4h30. Nous sommes contents de notre voyage, nous savons que nous avons semé du bonheur là ou nous sommes passés.

Voici quelques mots de Moba qui est l’ethnie de la région des savanes ou nous avons passé notre séjour.

Bonjour = dong wam

Au revoir = dassial

Ca va bien = la fié

Merci = balk

Ami = undon

Ékwé, Jean et Wangpag et les autres vous disent "au revoir et à l'année prochaine !"